Comme un seul homme _ Daniel Magariel

 – Fayard

Résumé :

Le combat fut âpre. Mais, ensemble, le narrateur, un garçon de douze ans, son frère aîné et leur père ont gagné la guerre – c’est ainsi que le père désigne la procédure de divorce et la lutte féroce pour la garde de ses fils. Ensemble, ils prennent la route, quittant le Kansas pour Albuquerque, et un nouveau départ. Unis, libres, conquérants, filant vers le Nouveau-Mexique, terre promise, ils dessinent les contours de leur vie à trois.
Les garçons vont à l’école, jouent dans l’équipe de basket, se font des amis, tandis que leur père vaque à ses affaires dans leur appartement de la banlieue d’Albuquerque.  Et fume, de plus en plus  – des cigares bon marché, pour couvrir d’autres odeurs. Bientôt, ce sont les nuits sans sommeil, les apparitions spectrales d’un père brumeux, les visites nocturnes de types louches. Les garçons observent la métamorphose de leur père, au comportement chaque jour plus erratique et violent. Livrés à eux-mêmes, ils n’ont d’autre choix que d’endosser de lourdes responsabilités   pour contrer la défection de leurs parents, et de faire front face à ce père autrefois adulé désormais méconnaissable, et terriblement dangereux.
Daniel Magariel livre un récit déchirant, éblouissant de justesse et de délicatesse sur deux frères unis dans la pire des adversités, brutalement arrachés à l’âge tendre. Deux frères qui doivent apprendre à survivre et à se construire auprès d’un père extraordinairement toxique, au milieu des décombres d’une famille brisée.

 

Mon avis : 

J’ai eu du mal. J’ai eu du mal à m’habituer à la plume de l’auteur, et puis je me suis fait une raison : la plume ne me séduirait pas, mais il y aurait peut-être bien quelque chose à tirer de cette histoire dont le résumé me paraissait si prometteur. 

Et effectivement, j’ai trouvé mon « bonheur » autrement. J’ai été portée par la puissance des personnages, ou plutôt de l’un des personnages. Ce père que l’on croit si aimant et bien intentionné, et que l’on découvre peu à peu sous un jour bien plus sombre. Un homme manipulateur, qui joue sur les sentiments pour garder un pouvoir de possession et le monopole de l’adulation de ses fils. Un stratagème qui, pour le plus grand désespoir de la lectrice que je suis, marche bien trop souvent. On a envie de secouer les mômes, mais le problème c’est bien ça : ce ne sont que des mômes.

Bien que dans le fond ils se rendent compte du problème, quand papa se remet en selle et joue son numéro, ils tombent dans le panneau. Et quand ils arrivent à ne pas succomber aux arguments destructeurs du géniteur, ils ne peuvent rien, ou si peu, car ils ne sont que deux adolescents, seuls avec leur père dans une ville étrangère.

On a envie de les secouer, aussi quand ils pensent sincèrement que leur mère est la pire des mères. On a envie de leur ouvrir les yeux ! Qui, des deux, qui est le monstre ? Celui qui, par un savant lavage de cerveau, arrive à faire en sorte qu’un enfant souhaite faire souffrir son frère qu’il aime pourtant plus que tout. 

Alors oui, la façon dont le livre est écrit ne m’a pas vraiment emballée, mais je suis restée accrochée aux personnages. Curieuse de savoir comment tout allait finir. De savoir qui allait gagner cette guerre des pouvoirs, cette guerre des sentiments. 

J’invite les amateurs à l’ouvrir également et à se faire leur avis =) 

Merci aux éditions Fayard pour la découverte de ce roman paru dans le cadre de la rentrée littéraire. 

 

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