Kinderzimmer _ Valentine Goby

 – Babel – Actes Sud – 

Résumé : 

En 1944, le camp de concentration de Ravensbrück compte plus de quarante mille détenues. Dans les baraquements, chaque femme doit trouver l’énergie de survivre, au plus profond d’elle-même, puiser chaque jour la force d’imaginer demain. Quand elle arrive là, Mila a vingt ans ; elle est enceinte, mais elle ne sait pas si ça compte, ni de quelle façon.

Mon avis : 

A peine plus de 200 pages mais pourtant… Quelle lecture intense ! J’ai reçu ce livre dans le cadre de la découverte de la Kube Box. J’ai indiqué sur le site souhaiter découvrir un livre sombre, mais qui laisse entrevoir une part de lumière pour celles et ceux qui veulent la voir.

J’ai été servie au delà de mes espérances, bien que je me sois demandé au début si je saurais la trouver, cette lumière que j’aime tant attraper. Car là ou commence le roman de Valentine Goby, ce sont les ténèbres qui règnent. On connait tous (du moins partiellement, voire très partiellement) les conditions atroces des camps de concentration. On a tous étudié ce moment douloureux de l’histoire. On a entendu des témoignages, vu quelques photos… Je n’ai pas eu l’occasion de visiter de camps, et suis donc restée à une approche « lointaine » de ce que pouvait être la « vie » (même le mot survie semble inadapté) dans ces lieux. 

Kinderzimmer a violemment mis toutes mes pendules à l’heure. Il nous raconte, sans filtre, des mois d’internement. Les conditions inhumaines imposées à des dizaines de milliers de femmes dans le camps de Ravensbrück. La survie, et la mort se côtoient. La mort est une voisine tenace, elle est partout, si bien qu’on se fait à elle. Elle n’étonne plus, elle blase, pire, elle est une source d’opportunités pour les femmes qui lui survivent. La vie, elle, est bien plus rare. Les enfants nés dans les camps sont peu nombreux. Leurs chances de survie inexistantes. Pourtant, l’enfant que porte Mila va devenir sa cause. La raison de tenir, d’espérer. Mais aussi la cause de nombreuses de ses camarades d’infortune. 

Elle est là, la lumière : dans l’entraide, dans l’espoir, entre les mains minuscules d’un nourrisson qui a tout d’un vieillard et dont les jours sont comptés. 

Un roman à lire absolument. Mais à ne pas absorber trop vite. Il est, dans les faits, relativement court. Mais il est écrit de sorte qu’on en sorte pas indemne. L’écriture est dense, dans le fond comme dans la forme, le récit nous oppresse, nous met mal à l’aise. Il faut savoir faire quelques pauses. Digérer. Avant de replonger. 

Coup de coeur, coup de poing, crève coeur, ode à la vie… Prenez l’adjectif qui vous attire le plus et lisez Kinderzimmer ! 
 

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