Mohammad, ma mère et moi _ Benoit Cohen

 – Flammarion – 

Résumé : 

Au moment où Donald Trump accède au pouvoir, Benoit Cohen, cinéaste français installé aux États-Unis, apprend que sa mère s’apprête à héberger, dans l’hôtel particulier du 7e arrondissement où elle vit seule, Mohammad, un migrant afghan. Alors que Benoit Cohen s’insurge contre ce président racistequi menace de fermer les frontières, il ne peut s’empêcher de s’inquiéter pour sa mère qui, sans lui en avoir jamais soufflé mot, ouvre sa porte à un étranger. Il revient alors à Paris et rencontre Mohammad. Ce garçon qui, de déracinement en déracinement, a grandi, à l’instar des chats, sept fois plus vite qu’un jeune occidental, va lui confier son histoire. Entre Benoit, exilé volontaire, et Mohammad, réfugié malgré lui, une relation intense se noue, sous le regard de Marie-France, qui vient compléter cet improbable trio.

Dans ce récit singulier, Benoit Cohen décrit, non sans humour, ce chemin exaltant et complexe qu’est la rencontre de l’autre et s’interroge sur ce que «donner» veut dire.

 

Mon avis : 

Une lecture particulière, passionnante, intime… Car il ne s’agit pas ici d’une fiction, mais d’un récit. Mohammad, ma mère et moi est une histoire réelle, douce et violente à la fois. Celle de trois personnages unis par le destin. Benoit Cohen, sa mère, et Mohammad, migrant afghan. 

C’est une histoire de confiance. La confiance en l’autre. Marie-France, qui choisi de placer sa confiance en Mohammad, un inconnu qu’elle accueille sous son toit. La confiance du jeune homme envers Benoit, à qui il livre le récit glaçant de sa vie et de son terrible périple.
Mais aussi de confiance en soi. Car chez Mohammad tout est à reconstruire. Après une vie à ne pas avoir été à sa place, à cacher son athéisme, il espérait se sentir libre, se sentir lui-même en France. Mais la réalité est tout autre : la méfiance, le rejet… Il lui faudra du temps pour s’épanouir et avoir à nouveau envie de vivre. 

C’est une histoire tragique. Celle, réelle et multiple, des migrants qui mettent en danger leur vie pour la préserver. Partir, attendre, chercher un abri, espérer. 

C’est une histoire belle, une histoire de famille, d’amitié et de très grande humanité. 

J’ai été touchée par ce récit, à cause de cette dimension humaine et réelle, et d’autant plus car Mohammad a mon âge. Au fil des pages, je n’ai pu m’empêcher de comparer les étapes qu’il a franchies, les vies qu’il a vécues, et là ou j’en étais aux mêmes âges. « On se croirait dans un film » a-t-on tendance à dire… Il y a des parcours de vie effroyables. Il y a des gens bourrés d’une force hallucinante pour affronter les épreuves…

Mohammad, Benoit et sa mère forment un trio inspirant. C’est un récit qui impose le respect. Merci à Benoit Cohen d’avoir pris la plume pour partager avec nous cette belle histoire. Merci à lui de m’avoir proposé cette belle lecture ! 

 

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