Rien ne s’oppose à la nuit

Rien ne s’oppose à la nuit _ Delphine de Vigan (Le Livre de Poche

Quatrième de couverture : « Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du verbe, et celui du silence.
D. de V. »

 

Chronique : 

Saisissant ! J’ai ouvert ce livre sur les recommandations de ma chef de service, qui me l’a gentiment prêté. Après l’avoir vu de nombreuses fois apparaître sur les réseaux sociaux, et suite aux nombreux commentaires positifs reçus sur Instagram à son sujet quand j’ai évoqué la possibilité de le lire, j’ai entamé cette lecture en totale confiance.

On me promettait une lecture inoubliable, ça a bel et bien été le cas. J’ai été absorbée, captivée, de la première à la dernière page.

Le livre imbrique deux récits en un.
D’une part, la biographie de Delphine de Vigan, qui retrace la vie (et la mort) de sa mère, Lucile. Une enfance dans une famille nombreuse et tout ce que cela implique de joies, de peines, de liens de fraternité, de bruits et d’agitation. Et puis un premier drame qui vient briser un équilibre précaire, suivi d’autres. Et malgré la douleur, et la folie, l’envie toujours de s’en sortir. Le combat de toute une vie.
D’autre part, imbriqué au récit de la vie de Lucile, il y a le cheminement et les réflexions de l’auteure lors de son long travail de recherches et d’écriture. Delphine nous invite dans l’intimité de son bureau. Nous fait part de ses nombreux doutes, des souvenirs souvent douloureux que l’écriture de ce livre éveille en elle, et des réactions de ses proches, qu’elle questionne pour comprendre sa mère. Ses confessions, au delà de l’aspect intense qu’elles revêtent, sont également très intéressantes pour comprendre le cheminement de l’auteur, et l’impact que l’écriture d’un livre peut avoir dans une vie, dans une famille.

Le tout donne un ouvrage formidable. L’histoire d’une famille nombreuse traversée par de trop nombreux drames. Et d’une femme magnifique mais lointaine. Pourtant, le tragique, bien qu’omniprésent, ne prend pas le pas sur le récit. Les faits sont là. Mais il y a aussi la vie, l’amour, les vacances, et une multitude de fantaisies qui apaisent les souvenirs.

Ce que j’ai adoré, c’est cette douceur qui émane de l’ensemble du livre. Que le souvenir évoqué soit drôle, ou d’une tristesse absolue, tout est livré avec pudeur et douceur. Je l’ai lu comme on regarde une photo ancienne, où tous les éléments figurent, mais où l’aspect sépia laisse un halo mystérieux et maintient une certaine intimité.

Rien ne s’oppose à la nuit est un récit unique, heureux et dramatique, pudique. Une belle déclaration d’amour aussi. A lire sans modération !

« Je sais bien que ça va vous faire de la peine mais c’est inéluctable à plus ou moins de temps et je préfère mourir vivante. »

 

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